« Ce blog est un travail réalisé dans le cadre de la formation au Brevet dEtat d’Educateur Sportif 1er degré Voile réservée aux sportifs de haut niveau à l’Ecole Nationale de Voile et des Sports Nautiques. Il se construit sur l’année de formation et servira de ressource à l’évaluation terminale du stagiaire pour l’obtention du BEES1. ll doit s’attacher à décrire et analyser un aspect technique. Nous invitons les visiteurs à de l’indulgence et à des commentaires constructifs ». Contacts stephane.krause@jeunesse-sports.gouv.fr et olivier.lerouge@jeunesse-sports.gouv.fr

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Tout d’abord voici un lien qui retrace les fondamentaux.

 Vent-apparentVoici les vecteurs de vents sur une embarcation à voile :

 

 

 

1) Effets sur la voile

Le fait de creuser la voile  au portant ammène de la stabilité au gréement. Le creux s’avance et permet au gréement de s’équilibrer. La chute de la voile va aussi de retendre afin de donner plus de portance.

2) Effets sur le planchiste

Le creux dans la voile donne beaucoup de puissance au niveau de la main arrière au planchiste. Ceci permet de redresser le gréement et du coup permet aussi de descendre encore plus en dessous du vent.

3) Effets sur le flotteur

Le fait de redresser gréement et planchiste va faire lever l’arrière du flotteur (par l’action du planchiste) et baisser l’avant (par l’action de la voile au niveau du pied de mat). Ainsi, la surface moillé est réduite.

 

Remarque : En formula, nous sommes tout le temps au planing donc les écoulements seront uniquements laminaires et ce même au portant, ce qui est spécifique au support. De même, afin de donner plus de creux et un meilleur profil à la voile, nous utilisons des poignées arrières larges.

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Les angles de descente en formula vont être définis par la limite du planning. C’est pourquoi plus le vent sera fort, plus l’angle sera abattu. Comme sur les bateaux à coque planante, nous ne pouvons pas faire de vent arrière donc nous faisons 2 bords de Grand largue. En compétition, la différence de vitesse va être assez significative suivant les angles. Dans le petit temps, on va chercher à garder le planning mais pour dépasser un adversaire, il est préférable de serrer un peu plus le vent (moins d’une dixaine de degré suffit). Dans la brise, il est moins évident de serrer le vent car la planche va  avoir tendance à trop foiler. il est préférable d’essayer de passer en dessous.

Voici une vidéo qui nous montre les efforts sur un aileron de RS:X en rapport avec l’article ci dessous.

Les différentes rigidités

1) Souple

Un aileron souple donne beaucoup de lift à la planche, d’une manière générale, il sera utilisé dans le petit temps afin de faire « foiler » le flotteur.  Le but est de créer un fort appui afin de maintenir le planning  et de faire monter la planche afin de réduire la surface mouillé. Il sera aussi très efficace lors du départ au planning car comme pour une voile, l’aileron va pomper sous l’eau suivant les appuis qu’on lui donne.    

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2) Médium

Un aileron médium sera plus rigide, il permet d’avoir un meilleur control du flotteur dans la brise. Il sera aussi moins exigeant pour le pratiquant. En théorie, un tel aileron ne permet pas d’être efficace dans les vents légers, mais plutôt dans les vents établis. Pour ma part, j’utilise encore un aileron en médium pour le control dans le vent fort mais on en voit quasiment plus sous les planches.

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3) Raid

Un aileron raid va être très difficile à faire plier, le control va être excellent mais avec les planches d’aujourd’hui, il ne permet pas d’être efficace même avec du vent très fort.

-Comment ça marche ?

Sous l’influence du planchiste, l’aileron va plus ou moins se plier. C’est lorsque l’aileron veut revenir à sa forme initiale que la planche va monter. C’est pourquoi, le choix d’un aileron dépend du gabarit du planchiste. Plus le gabarit est petit, plus il choisira un aileron souple afin de pouvoir le plier facilement.

Au vent arrière, il est important d’avoir un bon appui sous la planche. Dans le vent faible, l’appui est synonyme de planning. Il faut essayer de faire monter la planche afin de limiter la surface mouillée pour plus de vitesse. Dans du vent plus établis, le problème du planning ne se pose plus mais un autre problème survient, c’est celui du control. Avec un aileron moins souple, l’effet de levier est moins important et donc moins puissant. Le souci dans le vent fort au vent arrière est que la planche à tendance à monter sur l’aileron donc plus il sera raid moins il pliera et meilleur sera le control.

4) Formes et profils

4.1) Formes

Voici les différentes formes d’aileron que l’on retrouve en formula :

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4.2) Profils

Les ailerons de windsurf ont un profil symétrique permettant de les utiliser sur les deux bords. La force latérale est créée par un “angle d’attaque” entre la direction d’écoulement de l’eau et l’axe de la planche. L’angle d’attaque dépend du profil, mais surtout de la surface de l’aileron : plus l’aileron est grand, plus l’angle d’attaque nécessaire à créer la force latérale est faible.

Comme pour une voile, plus le profil de l’aileron est épais, plus l’appui sera fort. Cependant, les profils épais ne permettent pas d’avoir une bonne vitesse.

Voici un petit schéma des forces sur l’aileron :

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-Conclusion : tous ces paramètres vont influer dans le choix de l’aileron pour être efficace au vent arrière. Il est important de choisir un aileron qui aura le meilleur compromis entre glisse, appuis et tenue. Attention à ne pas écouter ce qui est dit sur les ailerons, la manière la plus efficace de savoir ce que vaut une lame est d’essayer afin de se faire sa propre opinion. De même, en compétition nous sommes limité dans la taille de l’aileron, 70cm. La forme et la matière dans laquelle il est construit sont libre.

CONTRAINTES PROPRIOCEPTIVES LIEES A LA VITESSE ET A L’ETAT DE LA MER EN FORMULA.

Proprioception : Equilibration posturale, connaissance de la position du corps et de ses mouvements dans l’espace, basé sur des repères internes sans que l’individu ait besoin de les vérifier avec ses yeux.

Il existe deux sous modalités de la proprioception : la statesthésie , sensation de la position des membres les uns par rapport aux autres (informations statiques) et, la kinesthésie, sensation du mouvement permettant de localiser les différentes parties de notre corps et d’évaluer leur déplacement (information dynamique).

Il existe 3 capteurs références : – la tête : yeux (stabilisation du regard, encrage visuel), atlas (2ère vertèbre), l’oreille interne.

– le pied (mouvement rapide) (encrage au sol, capteur podal)

– le complexe lombio-pelvien.

 

On peut également dire qu’il y a 4 type sd’information qui permettent de se maintenir en équilibre : – les informations visuelles

           -les informations proprioceptives et kinesthésiques (récepteurs articulaires)

-les informations cutanées

-les informations venues de l’oreille interne 

 

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1)      Quels vont être les contraintes liées à la vitesse ?

 

Plus la vitesse va être élevée, plus la pression dans la voile (donc dans les bras) et dans les jambes va être élevée. Plus cette pression est forte, plus il faudra s’accrocher, serrer le wish avec les mains et relever les doigts de pied dans les straps.

La vitesse va être conditionnée par la force du vent, dans des petites conditions, la vitesse ne va pas être élevée. On va chercher de l’appui afin de trouver le bon équilibre voile/planche. En formula, cette recherche d’appuis sous la jambe arrière est indispensable pour garder le planning dans le vent faible. Ceci va se faire automatiquement car on cherche toujours à ce que notre corps soit en équilibre (oreille interne). Dans la brise, la voile tire assez pour ne pas être en recherche d’appuis, on va au contraire doser tout les appuis afin de ne pas se faire « embarquer » avec le matériel.

Sensation de vitesse renvoie aussi à la pression dans la voile et aux modifications de position du corps dans l’espace qui en découle. Plus il y a de la vitesse plus le coureur va s’incliner en arrière et accepter de se laisser porté par la voile. Dans les manœuvres, lors de la prise de carre à pleine vitesse le planchiste va également suivre la courbe en se penchant en avant.

 

2)      Quels sont les contraintes liées à l’état de la mer ?

 

L’état de la mer va jouer sur les capteurs podaux donc cutanés (d’où la réticence de certains coureurs à mettre des chaussons quand il fait froid) et articulaires (orteils, tarse et cheville). Sur mer plate, il n’y aura pas beaucoup de difficultés et d’informations à traiter car le flotteur va être relativement facile à contrôler. On va être plutôt en recherche de vitesse donc sur les pointes de pieds. En revanche, dans la mer  formée, l’équilibre général va être mis à mal. Le contrôle de la planche va être plus difficile. Par exemple, lorsque l’on rattrape un clapot, la planche va freiner et la voile va tirer fort vers l’avant, le corps se met alors automatiquement sur l’arrière pour éviter de se faire embarquer. Contrairement à la mer plate, on va être un peu plus sur les talons pour rééquilibrer le fait que le flotteur soit plus volage. Les pieds captent aussi les chocs créés par le passage sur le clapot, ce qui permet au planchiste de s’organiser ensuite musculairement pour amortir et garder le flotteur à plat pour ne pas perdre de vitesse.

 

3)      Comment travailler la proprioception ?

 

Le travail de proprioception se fait sur des appareils instables (ballons suisse, ballons semi-sphériques…). Afin de travailler efficacement, il faut recréer la stabilité et donc faire appel à des muscles parfois peu ou pas utilisés. Par exemple, lors d’une séance de gainage il est facile d’installer un ballon sous les pieds ou sous les bras pour justement créer cette instabilité. La proprioception est aussi utilisée pour faire travailler les muscles antagonistes chez les sportifs. Ce sont les muscles opposés à ceux qui servent beaucoup dans la discipline.

 

Les 3 capteurs références (la tête (yeux), les pieds et le complexe lombio-pelvien) interviennent plus ou moins dans la pratique, une bonne mobilité de ces zones est importante, c’est pourquoi travailler la proprioception à l’entraînement est primordial. De même un échauffement particulièrement attentif de la région cervicale, des chevilles et du complexe lombo-pelvien permettent une meilleure stabilité sur la planche donc limite le risque de chute.

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Voici un petit schéma du système cardiovasculaire chez l’homme :

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Le système est assez simple, l’air que nous respirons contient du dioxygène. Ce dioxygène est acheminé aux poumons. Il passe ensuite dans les capilaires sanguins afin d’être envoyé jusqu’au coeur et c’est celui-ci qui va redistribuer le dioxygène vers les différents organes dont les muscles.

En planche, en regate, nous approchons les 80% de fréquence cardiaque maximale. donc on doit travailler dans ces zones.  Travail de PMA ou VMA (puissance maximale aérobie ou vitesse =en course (C’est la vitesse de déplacement du sujet correspondant à 100 % du VO2 max. Elle est mesurée en km/h)). Et en plus il faut aussi developper l’endurance aérobie car une manche dure 30 minutes et en moyenne, nous faisons 3 manches par jours soit sur une journée de compétition 3h d’effort (1h30 de régates et 1h30 environ libre). Raporté ça à une semaine de compétition, ça commence à faire.

Le portant en formula est l’allure la plus sollicitante pour le coeur.

Pourquoi? Au portant, on a besoin de toute la puissance des jambes pour tenir la planche surtout dans la brise. De même, les relances après les jibes avec des voiles très grandes sont très éprouvantes.

Importance de l’entraînement

Entraînement sur l’eau : il est extrêmement important de passer beaucoup de temps sur l’eau car ça permet d’habituer le corps aux contraintes physiologiques imposés par le support.

Entraînement à terre : Que peut on faire pour être plus performant au niveau cardiac? Il existe plusieurs moyens, course à pied, rameur, vélo, natation… Cependant, certaines techniques vont être mieux adaptées à notre pratique, le rameur par exemple est très complet, il permet aussi un travail sur plusieurs chaînes musculaires à la fois. Pour ma part, je pratique pas mal de course à pied, afin de travailler ma VMA.  Je suis bien sur suivis par un coach afin de pouvoir me préparer au mieux pour la saison, on travail essentiellement sur des longues disatnces l’hiver puis plus on approche du début de saison, plus on racourcit les distances. Exemple de ma dernière séance : 20 min d’échauffement, 8 fois 200m avec 1 min de récupération entre chaque et 4 fois 400m avec 2 min de récupérations puis on termine par 10 min de récupération. Cependant, un ou deux footing d’intensité faible à modéré de 45 min par semaine peuvent permettre de déjà progresser cardiquement et permettent un travail d’aérobie pur.

Conclusion : Le sportif entraîné aura : un coeur plus gros et plus musclé, une VO2 max élevée (VO2 max : c’est le volume max de dioxygène que peut consommer un individu/unité de temps), une tension artérielle qui varie peu pendant l’effort…

Pour finir cette série d’entretien, j’ai la chance d’avoir Faustine Merret comme référent, j’en profite donc pour lui poser quelques questions. Pour les novices, Faustine est la championne Olympique en planche à voile à Athène!

Quelles sont les modalités d’intervention pour un débutant en Formula?

Je considère qu’un débutant en formula doit avoir un certain niveau technique sur un autre support plus accessible (planche à dérive et ou pratique fun board). Sur le plan technique, les pré-requis pour accéder à la pratique de ce support sont le jibe, virements, remontée au vent, abattée. Ce support est aussi physiquement contraignant (poids des gréements et surfaces de voile importantes, taille de l’aileron et incidence sur sollicitation des membres inférieurs) ; Il faut s’assurer que le pratiquant ait les capacités physiques.

Une fois ces pré-requis constatés, j’aborderai la pratique sur la gestion de l’appréhension de la vitesse sur les allures de portant. Sur un plan d’eau plat et dans un vent régulier, je chercherais à les conduire sur des trajectoires de plus en plus abattues.

Dans un deuxième temps, j’orienterai les séances vers la remontée au vent et la recherche du meilleur compris cap-vitesse.

Avec un débutant, je mettrais l’accent sur la sécurité, la mise en confiance et le plaisir de naviguer (recherche de sensation : glisse, vitesse), ainsi que la dynamique de groupe (par exemple monter un projet de déplacement et de préparation collective à une compétition longue distance)

 

 

Même question mais pour un expert?

Pour un expert, nous sommes dans une recherche d’optimisation et de préparation aux compétitions. J’aborderai en début de saison un gros travail sur la vitesse à travers des tests matériels (comme les ailerons), des réglages de voile, positions. Pour cela, nous pouvons utiliser des outils de mesures à terre et la vidéo sur l’eau (observation des profils de voile, des positions, de l’assiette de la planche). En parallèle il est possible de travailler sur les aspects tactiques de lecture du plan d’eau (observation des paramètres à prendre en compte pour choisir sa trajectoire). Avec des experts, nous pouvons aborder chaque paramètre de la performance avec précision et les faire participer à cette recherche d’optimisation en individualisant les interventions. Les objectifs sportifs sont également définis individuellement en début de saison.

Dans un deuxième temps, à l’approche des compétitions, j’orienterais l’intervention sur les départs, manœuvres, enroulements de marques, l’ensemble des aspects techniques spécifiques au format de parcours et en parallèle des aspects tactiques par rapports aux adversaires (règles de courses).

 

Comment former un entraîneur à cette pratique spécifique? (dans les grandes lignes)

Former l’entraîneur à l’observation des paramètres extérieurs clés qui traduisent des organisations, des sensations corporelles ou des réglages types me semble important. Eduquer le regard de l’entraîneur en alliant pratique et analyse vidéo permettrait d’associer ces deux aspects de sensation internes et repères externes associés.

Sur les aspects techniques de réglage, il serait intéressant de rencontrer des concepteurs de plusieurs marques afin de bien étudier les profils de planche et de voile recherchés.

Puis sur le plan pédagogique, je pense qu’il est intéressant d’aborder les différentes attentes entre un débutant et un expert.

 

  

Quelle a été ta plus grande difficulté au vent arrière en formula ou en RSX (les supports se ressemblent quand il y a du vent)

Ma plus grande difficulté à été d’accepter de me redresser jusqu’à la limite du « Peter Pan » pour rechercher l’abattée surtout dans une mer formée.

 

Christophe Boutet est mon entraîneur depuis quelques années. Il a répondu aux questions suivantes :

Faut il pousser le pratiquant dans ses limites pour qu’il garde le pied dans le strap extérieur dans le vent soutenu?

Cela dépend du niveau, si il est bon et sans appréhension oui et si il est moins bon, non pour éviter de créer un traumatisme.

Est-il intéressant d’aller chercher des infos sur d’autres supports similaires?

Oui nottament sur la tactique stratégie ou l’ensemble des supports rapides abordent la même manière de fonctionner.

Quels sont les paramètres de la performance au vent arrière en formula?

1 : accepter la prise de risque et l’engagement

2 : être réactif et dynamique dans les jambes

3 : avoir une bonne lecture du plan d’eau